Pour en savoir plus sur notre atelier, voilà comment le magazine « Carnets Comtois » parle de nous

« La petite musique de la marqueterie

A Dommartin près de Pontarlier, Etienne Saillard travaille dans les règles de l’art. Il se met au diapason au moment des fêtes avec ses boites à musique et coffrets.

Comme un métronome, Etienne Saillard va et vient d’un univers à l’autre, de l’ébénisterie à la marqueterie. « J’ai eu un parcours classique, j’ai commencé par un CAP menuisier d’agencement à Pontarlier, puis j’ai travaillé pendant quelques mois ». Le temps de réaliser que ce n’était pas sa voie. « J’ai repris l’école et passé un brevet professionnel des métiers d’art en Alsace ». L’occasion de découvrir l’ébénisterie et un mode d’expression qui lui convient.

Un de ses professeurs pratique à titre personnel la marqueterie et lui communique sa passion. «  Au XVIIIe siècle, on qualifiait les marqueteries de peintures en bois ». Lui-même aime associer couleurs et matières pour créer des univers.

Le bois plaisir

Un marqueteur sachant marqueter doit aussi savoir réparer les pièces du passé. Lors d’une formation complémentaire au centre régional de restauration des œuvres d’art de Vesoul, il apprend la modestie : « Un restaurateur doit s’effacer devant le mobilier, il n’est pas là pour marquer son travail. L’œuvre appartient à celui qui l’a créée et il faut respecter la réversibilité ».

Il ne se contente pas de jouer sa petite musique en Franche-Comté, il rejoint le compagnonnage, plus précisément l’union compagnonnique. « J’ai travaillé dans différents ateliers, en restauration, création de mobilier et fabrication de coffrets, et quand j’étais à Paris, j’ai pris des cours du soir à l’école Boulle en marqueterie ». Il termine son tour de France par une escapade en Suisse où il apprend le métier de tabletier, autrement dit « la réalisation de menus objets finement décorés ».

En 1995, il achète sa maison à Dommartin, près de Pontarlier et se consacre à sa restauration, avant de s’installer sur place deux ans plus tard comme ébéniste-marqueteur. Son entreprise, « Le bois plaisir », devient son moteur.

« Il y a une part d’intimité dans le coffret »

Dans son atelier, il réalise une belle diversité d’objets marquetés, tableaux, petits meubles, accessoires de bureau, mais on sent en lui une prédilection pour les coffrets et boites à musique : « Il y a une part d’intimité dans le coffret et la boite à musique renvoie au monde de l’enfance et du rêve ».

Ce n’est sans doute pas son épouse Agnès Saillard qui dira le contraire, elle qui a intégré l’entreprise en 2007 en tant que conjointe collaboratrice pour se charger des tâches administratives tout d’abord, avant de se former au métier de marqueteur. En 2011, elle fait partie des finalistes au concours du meilleur ouvrier de France. « L’apprentie dépasse le maître », observe Etienne Saillard.

La clientèle de l’entreprise est composée de collectionneurs, mais aussi de personnes souhaitant marquer un événement, une naissance, un anniversaire de mariage, etc. Les créations de l’atelier sont vendues en France mais également en Belgique et aux États-Unis et des musées font appel à lui pour des travaux de restauration.

Loupe de noyer, palissandre ou amarante

Dans l’entreprise, les activités liées à l’ébénisterie et à la marqueterie se déroulent dans des espaces bien distincts, car le marqueteur a besoin de calme pour composer ses motifs : « Au départ, je fais un dessin artistique, puis un dessin technique ». Ensuite intervient le choix des bois ou autres matériaux. « Tout entre en compte, la couleur, le veinage et même parfois les défauts ». Le marqueteur a le chic pour les valoriser.

La petite pièce de stockage sent bon le bois et Etienne Saillard présente quelques variétés entreposées sur de hautes étagères. Du bois blanc aux légers reflets argentés aux espèces variant du rose au brun violacé, la nature offre une belle palette aux passionnés. Etienne Saillard joue avec diverses  essences, comme la loupe de noyer, le palissandre ou l’amarante.

Il sait aussi façonner la corne, le galuchat, l’écaille de tortue, les matériaux ferreux et même la paille. « C’est un métier de rigueur, techniquement, ce n’est pas très compliqué, mais il faut beaucoup pratiquer ». Ses coffrets et boites à musique montrent qu’il connaît sa partition sur le bout des doigts.

Portrait réalisé par le Magazine « Carnets Comtois »